Pourquoi WebM plutôt que MP4 sur le web ?
Le poids des vidéos est l'un des premiers facteurs qui ralentissent un site web. Une vidéo de fond ou un tutoriel embarqué peut peser plusieurs dizaines de mégaoctets — et si ce fichier doit être téléchargé avant de démarrer, il dégrade directement les Core Web Vitals mesurés par Google, notamment le LCP (Largest Contentful Paint).
Le WebM, avec son codec VP9, offre une compression 25 à 35 % meilleure que le H.264 utilisé dans la plupart des fichiers MP4. En pratique, une vidéo de 10 Mo en MP4 H.264 peut descendre à 6,5-7,5 Mo en WebM VP9 à qualité visuelle identique. Sur mobile avec une connexion 4G limitée, cette différence se traduit concrètement par un démarrage de la vidéo plusieurs secondes plus rapide.
Chrome, Firefox et Edge supportent le WebM nativement depuis des années, sans plugin. Ces trois navigateurs représentent environ 85 % des parts de marché sur desktop et une proportion similaire sur mobile Android. Pour la majorité de vos visiteurs, WebM fonctionne sans aucun problème. C'est un choix qui améliore l'expérience du plus grand nombre.
VP9 vs H.264 : la différence technique
H.264, le codec standard du MP4, est né en 2003. Il bénéficie d'une accélération matérielle sur pratiquement tous les appareils fabriqués depuis 2010 — puces dédiées dans les smartphones, GPU des ordinateurs, processeurs d'image des téléviseurs. Cette universalité le rend extrêmement fluide à décoder, avec une consommation de batterie minimale.
VP9 est le codec de Google, disponible depuis 2013. À débit identique, il produit une vidéo de meilleure qualité visuelle — ou, à qualité identique, un fichier plus petit. Son point faible historique était le décodage logiciel (software decoding), plus gourmand en CPU que H.264. Mais les appareils modernes (depuis 2017 environ) intègrent désormais une accélération matérielle VP9, ce qui neutralise largement cet inconvénient.
La conséquence pratique est la suivante : sur du matériel récent, VP9 est aussi fluide que H.264 à la lecture, pour un fichier nettement plus léger. Sur du matériel très ancien (avant 2015), le décodage VP9 peut solliciter davantage le CPU. C'est pourquoi la stratégie recommandée est de proposer les deux formats en parallèle.
Stratégie de fallback : WebM + MP4
La balise HTML <video> supporte nativement plusieurs sources avec une priorité définie. Le navigateur essaie les sources dans l'ordre et utilise la première qu'il peut décoder. Cette mécanique rend le fallback trivial à implémenter.
<video autoplay muted loop playsinline>
<source src="video.webm" type="video/webm">
<source src="video.mp4" type="video/mp4">
</video>
Les navigateurs modernes (Chrome, Firefox, Edge) liront le WebM. Safari et les anciens navigateurs qui ne supportent pas WebM passeront automatiquement au MP4. Vous servez ainsi le fichier le plus léger aux visiteurs dont le navigateur peut le lire, et vous gardez une compatibilité totale pour les autres.
Cette approche est particulièrement efficace pour les vidéos de fond (background videos) sur les pages d'accueil, les tutoriels courts, et les animations en boucle. Ce sont des contenus où la taille du fichier a un impact direct sur la performance perçue.
Cas où rester en MP4
L'e-mail est le contre-exemple le plus net. Les clients de messagerie — Outlook en particulier — ne supportent pas la balise <video> dans les e-mails HTML. Si vous intégrez une vidéo dans un e-mail (via un lecteur vidéo ou une image cliquable pointant vers une vidéo), le MP4 H.264 est le seul format raisonnablement compatible.
Les réseaux sociaux recommandent uniformément le MP4 H.264 pour les uploads. TikTok, Instagram, YouTube, LinkedIn — toutes ces plateformes réencodent de toute façon votre vidéo dans leur propre format après l'upload. Uploader en WebM n'offre aucun avantage car la plateforme ne le servira pas directement : elle en fera sa propre version. Mieux vaut uploader un MP4 H.264 propre et laisser la plateforme faire son travail.
Les appareils mobiles anciens — smartphones sous Android 4.x ou iOS 9 et antérieurs — ont un support VP9 partiel ou inexistant. Si votre audience inclut des utilisateurs d'appareils très anciens (pays émergents, certains contextes B2B), le MP4 seul ou la stratégie de fallback sont préférables à WebM seul.